Salaire du Président : - 30% dit Hollande !
Le candidat à la Primaire du PS surenchérit à la proposition de son concurrent Valls qui proposait de baisser le salaire du président de 20%.
Après quelques jours de réflexion, François Hollande s’engage : «Si je suis élu, le salaire du chef de l’Etat sera réduit». Interrogé par Marianne, le député de Corrèze a même précisé l’ampleur de la décote : «Je propose une baisse de 30%».
Annoncée en 2007 dans le cadre d’une révision globale du budget de l’Elysée, l’augmentation du salaire du chef de l’Etat n’est pas passée inaperçue : +170%. Instantanément, le président du pouvoir d’achat est devenu, à tort ou à raison, «président des riches». Pour les candidats qui s’apprêtent à l’affronter en 2012, ce revenu fait donc l’objet d’une course à l’échalote. Actuellement, la rémunération présidentielle prévoit, en plus d’un traitement (21 194 € nets mensuels), une indemnité de résidence (635€/mois) et de fonction (5457€/mois).
Mais la crise semble avoir convaincu les candidats de l'opposition de l'utilité d'une surenchère qui n'est pas forcément dégagée d'un poil de démagogie.
Ainsi avec ses «-30%», François Hollande se montre plus offensif que Manuel Valls, qui avait déclaré à Marianne 2 : « Si je suis élu, je supprimerais les indemnités de résidence et de fonction et ramènerais l’indemnité de base à 15 000 euros bruts par mois. Cinq fois supérieure au salaire moyen des Français, cette rémunération permet de couvrir les dépenses de fonctionnement sans perdre le sens des réalités communes ». Sur BFM-TV, le député-maire d’Evry a résumé sa pensée en un chiffre : «-20%».
Martine Aubry, quant à elle, a annoncé une baisse sans préciser son ampleur, de même qu'Arnaud Montebourg. Pour Ségolène Royal, « ce sujet ne doit pas devenir un élément de campagne ». « Cela doit faire partie d’une réflexion globale sur le train de vie de l’Etat », a-t-elle précisé à Marianne. A ce jour, Jean-Michel Baylet n’a pas souhaité évoquer ce sujet.
A droite, François Bayrou songe à une diminution de «10%», tandis que Jean-Louis Borloo évoque «5%».
Enfin, Marine Le Pen affirme qu’elle ramènera, si elle est élue, le salaire du président de la République au niveau de l’indemnité des parlementaires. Soit 5261 euros net par mois. Cet effort convergent pour montrer l'exemple en période de crise sera sans doute apprécié. Mais il ne dispense pas le candidat de formuler des propositions aussi radicales pour stimuler l'augmentation des bas salaires, à commencer par le Smic.
Source : Daniel Bernard - Marianne | Lundi 19 Septembre 2011
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